dimanche 17 novembre 2013

Demain partie 2: Entre les mondes

-On continue à avancer.
-Vraiment? C'est pas une bonne idée ça, sergent.
-Une chance qu'on ta pas engagé pour penser, alors, Rousseau. On continue.
 Avec un bruit de dégout, Max ravala ses derniers arguments et repris sa position dans la file. La marche repris, la vitesse de pas restant toujours très lente.

Après quelques minutes de plus dans la zone, ce fut le tour de Goudreau, en tête de file, de s'arrêter. Même avec les injections du sergent, il lui fallut près d'une demi-minute pour enregistrer son arrêt. Il se retourna alors, et regarda le sergent, ses yeux écarquillés, comme perdus dans le néant qui nous entourait.

-Désolé sergent, c'est juste que... c'est vraiment trop silencieux. J'ai pratiquement l'impression de ne plus entendre mon propre battement de coeur.

Le sergent soupira, et nous regarda tour à tour, dans les yeux. Ce qu'il y vit ne dut pas lui plaire. Il tassa la capuche de son habit anti-radiation déjà entrouvert, enleva son casque, le jeta par terre de frustation puis s'assit dessus.

-D'accord. Bivouac.

Nous nous écrasames tous par terre, à moitié poupées de chiffons. Personne ne parla pour quelques minutes, s'affairant à l'usuel ouverture et "dégustation" de nos plats pré-emballés. Le saumon dans le mien ne semblait pas provenir de l'eau, en tout cas. Tandis que nous mangieons en silence, le sergent nous observait, et fini par rompre le silence.

-Bon, récapitulons tout ca. On est en plein milieu de l'europe, dans une zone ou trois missiles atomiques sont tombés, à quelques dizaines de kilomètres l'un de l'autre. On est une des premières équipes en trois ans à avoir l'autorisation d'explorer les lieux. Et, en plein centre des explosions, à la place du charnier radioactif auquel on s'attendait, on tombe sur ca, dit-il, pointant le sol légèrement vitrifié, parmis les roches et les morceaux de bétons. Pas de ruines, pas de corps, et surtout, pas de radiation. Des idées, Brandt?

J'avalai de travers ma bouchée, puis racla ma gorge. Je parti pour parler quand je me rendis compte que non, je n'en avais pas. À la place, je parti du sens opposé.

-La vitrification est une signe d'une explosion nucléaire, non? Donc, il y a bien eu explosion.
-Pas besoin de raconter tout une autre fois, grommela Goudreau. 
Je lui jetai un regard noir et continua.
-Mais alors, pourquoi est-ce qu'il n'y a plus de radiation ici?
-Un nouveau type d'arme peut-être? suggéra jackson. Non-nucléaire?
 -Pourquoi est-ce qu'il y aurait eu des radiations sur la première partie du trajet alors? fit remarquer Goudreau.
Nous restâmes perplexes quelques instants.
-Peut-être que l'endroit a été un test pour un engin anti-radiation?
-S'ils avaient réussi à  en produire, dit Rousseau, on le saurait et....
Une idée nous traversâmes tous la tête en même temps, et nous nous retournâmes d'un coup pour regarder le sergent. Il soupira.

-Non, dit-il, je n'ai même jamais entendu parler d'une réussite dans le domaine. De plus, rajouta-t-il, pourquoi ici? Si quelqu'un aurait voulu tester ce genre d'engin, pas besoin de s'enfoncer une journée et demi dans les zones irradiés pour le faire. 
-Et s'ils voulaient le garder secret?
Pourquoi faire? rétorqua le sergent, à bout de patience. Les nations-unis sont pratiquement prèts à donner à n'importe qui qui réussit à trouver une façon viable de s'occuper des radiations toutes les prix nobels d'un coup. Y'aurait surement même sa propre fucking télé-réalité. Non, conclut-il, je ne pense vraiment pas que ce soit le cas.
-Qu'est-ce que c'est alors?
-Aucune idée, admit le sergent. Et c'est pas notre problème, présentement. Assez parler. On bouge.

Après deux heures de marche, le sergent finalement s'arrêta. Son regard disait ce qu'on savait tous à ce point.

-J'pense ben qu'on est perdu, confirma-t-il. Comment de kilometres qu'on as marché selon toi, Brandt?
-Une dizaine au maximum, affirmai-je, après un rapide calcul mental, Surement plus six. 
-On devrait pas avoir déjà rejoint l'autre côté du cratère, alors?
-On a aucune idée de sa grandeur réelle, rétorqua le sergent. Il se tourna vers moi a nouveau. Et les radiations?
Je jettai un regard a la machine silencieuse. Elle affichait un chiffre légèrement supérieur à la dernière fois, mais toujours sécuritaire.
-Pas de changement. J'commence vraiment a me démander qu'est-ce qu'il s'est passé ici.
-T'es pas le seul grommela Max, qui monta ensuite la voix. C'est tu moi ou ya maintenant du brouillard?
Tous pris par surprise, nous regardâmes autour de nous, pour confirmer qu'une légère brume nous coupait le champs de vision. Étonné que je ne m'en sois pas rendu compte avant, je me mis à regarder plus attentivement, pour constater que la brume en fait, s'épaississait. 
-C'est quoi ste merde là? demanda Jackson. 
 Le sergent partais pour répondre quand, dans le coeur du brouillard en avant de nous, une lumière apparut, faiblement, pour s'éteindre juste après. Quelques secondes plus tard, elle réapparut, un peu plus fort, un peu plus long, pour ensuite s'éteindre a nouveau et renaitre, toujours plus forte, plus longue.
-Qu'est-ce que... commenca Max, qui se ferma la gueule après quand le sergent lui jetai un regard lourd, incisif.
-Aucune idée, avanca-t-il. Mais ca s'en vient vers nous.
 

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